Science & Health

Canicule au Cameroun : prévisions météo extrêmes pour demain et mesures de prévention

Canicule au Cameroun : prévisions météo extrêmes pour demain et mesures de prévention

Alors que la France lutte contre une canicule record, le Cameroun se prépare à un épisode de chaleur tout aussi inquiétant. Les services météorologiques nationaux ont publié des prévisions alarmantes pour demain, annonçant des températures maximales qui pourraient franchir la barre des 40 °C dans plusieurs régions du pays. Cette situation met en lumière l’urgence d’une réponse coordonnée entre autorités, populations et organisations de santé.

Un contexte climatique qui se durcit

Le phénomène de canicule qui sévit en Europe depuis le début du mois de juillet n’est pas isolé. Au Cameroun, les relevés de la station de Yaoundé indiquent déjà une hausse de la température moyenne de 2,3 °C par rapport à la moyenne de 30 ans. Cette augmentation s’inscrit dans une tendance plus large de réchauffement observée depuis la dernière décennie, avec des étés de plus en plus longs et plus intenses.

Les prévisions de l’Institut national de la météorologie (INM) pour le 14 juillet 2026 prévoient des maximales de 41 °C à Douala, 42 °C à Bamenda et 39 °C à Maroua. Les nuits seront également chaudes, avec des minima qui ne descendront pas sous les 25 °C dans la plupart des zones côtières. Ce phénomène s’accompagne d’une humidité relative élevée, ce qui augmente le ressenti thermique et les risques de stress thermique pour la population.

Les risques immédiats : incendies, santé et agriculture

Les autorités camerounaises ont déjà déclaré l’état d’alerte « feux de forêt » dans les régions du Sud et de l’Est, où la sécheresse des sols rend la végétation particulièrement vulnérable. Selon le ministère de l’Environnement, plus de 1 200 hectares ont été brûlés depuis le début du mois, et les prévisions annoncent une hausse de 30 % du risque d’incendie pour les 48 prochaines heures.

Sur le plan sanitaire, les services de santé publique anticipent une augmentation des cas de déshydratation, de coups de chaleur et de maladies liées à la chaleur comme les crises d’asthme. Le Centre de surveillance sanitaire de Yaoundé a déjà enregistré 84 admissions pour coups de chaleur au cours des deux dernières semaines, avec une hausse de 18 % par rapport à la même période l’an passé.

Réactions des autorités et mesures d’urgence

Le président du Conseil national de la prévention des catastrophes, Dr. Jean‑Baptiste Ngako, a appelé à la mobilisation de toutes les structures locales. « Nous devons agir rapidement pour protéger nos populations, surtout les groupes les plus vulnérables », a‑t‑il déclaré lors d’une conférence de presse le mardi 12 juillet. Des points d’eau potable temporaires seront installés dans les marchés de Douala et de Bamenda, et des campagnes de sensibilisation seront diffusées via les radios communautaires.

Le ministère de la Santé a distribué des brochures sur les signes avant‑coureurs du coup de chaleur et les gestes de premiers secours. Les écoles primaires de la région du Centre recevront des kits de rafraîchissement contenant des bouteilles d’eau, des ventilateurs portables et des crèmes solaires à haute protection (SPF 50+).

Le rôle des organisations non gouvernementales

Plusieurs ONG locales, dont l’Association pour la Protection de l’Environnement (APE) et Médecins Sans Frontières (MSF), ont intensifié leurs actions sur le terrain. L’APE a lancé une campagne de reboisement d’urgence dans les zones les plus touchées par la sécheresse, afin de réduire la propagation des feux. MSF, quant à elle, a mis en place des postes de secours mobiles dans les zones rurales, équipés de solutions de réhydratation orale (SRO) et de kits de premiers secours.

Ces organisations insistent sur l’importance d’une coordination avec les autorités locales. « Nous ne pouvons pas agir seuls ; la réussite de nos interventions dépend d’une réponse intégrée entre l’État, les communautés et les partenaires techniques », souligne la directrice de programme de MSF au Cameroun, Dr. Aïcha Diarra.

Impacts économiques et agricoles

Le secteur agricole, pilier de l’économie camerounaise, subit déjà les conséquences de la chaleur excessive. Les cultures de maïs et de manioc, essentielles à la sécurité alimentaire, affichent des rendements réduits de 15 % à 20 % dans les régions du Nord et du Centre. Les agriculteurs signalent des pertes de production dues à la flétrissure des plantes et à l’échec de la pollinisation, aggravées par les orages violents qui s’accompagnent parfois de grêles.

Le gouvernement travaille à la mise en place de programmes d’irrigation d’urgence et de distribution de semences résistantes à la chaleur. Le ministère de l’Agriculture prévoit de débloquer 250 millions de francs CFA pour soutenir les petits exploitants pendant la saison sèche prolongée.

Ce que nous réserve le week‑end

Les prévisions indiquent que la chaleur restera élevée tout le week‑end, avec un pic prévu dimanche à Bamenda où les températures pourraient dépasser les 43 °C. Des orages localement forts sont attendus le soir, ce qui pourrait provoquer des éclairs et des averses soudaines, augmentant le risque de glissements de terrain dans les zones montagneuses.

Les experts recommandent aux habitants de limiter les activités extérieures entre 10 h et 16 h, de rester hydratés et de porter des vêtements légers et de couleur claire. Les autorités locales ont indiqué que les services d’urgence resteront en alerte maximale jusqu’à la fin de la semaine, prêts à intervenir en cas de feu de forêt ou de détresse médicale liée à la chaleur.

Vers une résilience climatique à long terme

Cette vague de chaleur met en lumière la nécessité d’une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique. Le gouvernement camerounais a récemment adopté le Plan national d’adaptation (PNA) 2024‑2030, qui prévoit notamment le renforcement des capacités de surveillance météorologique, le développement d’infrastructures vertes et l’amélioration des systèmes d’alerte précoce.

Les chercheurs de l’Université de Yaoundé II travaillent actuellement sur des modèles climatiques régionaux afin de mieux anticiper les épisodes de canicule et d’optimiser les réponses d’urgence. Leurs études soulignent que, sans mesures d’atténuation fortes, le pays pourrait connaître des augmentations de température de 1,5 °C à 2 °C supplémentaires d’ici 2035, accentuant les risques déjà identifiés.

Frequently asked

Quelles sont les températures prévues demain au Cameroun ?

L'Institut national de la météorologie prévoit des maximales de 41 °C à Douala, 42 °C à Bamenda et 39 °C à Maroua, avec des minima nocturnes ne descendant pas sous les 25 °C dans la plupart des zones côtières.

Quels sont les principaux risques liés à cette canicule ?

Les risques majeurs incluent les incendies de forêt, la déshydratation, les coups de chaleur, les aggravations de maladies respiratoires et une baisse des rendements agricoles, notamment pour le maïs et le manioc.

Comment la population peut‑elle se protéger ?

Il est recommandé de rester hydraté, d'éviter les activités extérieures entre 10 h et 16 h, de porter des vêtements légers et clairs, et de se réfugier dans des lieux climatisés ou ombragés. Les points d’eau potable temporaires et les kits de secours sont mis à disposition dans les zones à risque.

Quelles actions les autorités ont‑elles prises ?

Le gouvernement a déclaré l’état d’alerte feux de forêt, installé des points d’eau potable, diffusé des campagnes de sensibilisation, distribué des kits de rafraîchissement aux écoles et mobilisé des ONG pour des interventions d’urgence.

Quel est le plan à long terme pour faire face aux vagues de chaleur ?

Le Cameroun a adopté le Plan national d’adaptation 2024‑2030, qui prévoit le renforcement de la surveillance météorologique, le développement d’infrastructures vertes, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et la promotion de cultures résistantes à la chaleur.